"NOTRE TERRE. Éloge de la frugalité", de François BAL. Sorti en février 2020 aux éditions ARTEGE

Ce livre propose à la fois une réflexion sur l’enseignement de l’Eglise, et en même temps une invitation concrète et spirituelle à bien user des biens de ce monde.

Ce petit essai interroge notre rapport à la possession en général, possession de la nature en particulier, mais réfléchit aussi à l’exigence du partage pour un monde juste. L’auteur, François Bal est l’ancien directeur de l’Office Chrétien des personnes Handicapées, il vit la pensée sociale chrétienne au quotidien, et est très familier des notions de simplicité, d’essentiel, et de durable.

Son livre s’inscrit dans la lignée du livre du Pape François, l’encyclique Laudato Si. Un concentré écologique et spirtuel !
Depuis la publication de Laudato Si, les chrétiens sont engagés dans un mouvement de fond pour la sauvegarde de la Création. Ici, l’auteur se concentre sur la notion de frugalité qui remet chacun de nous à sa juste place dans un monde qui est un don et non un simple terrain de consommation. La frugalité est une conséquence de la simplicité, elle concerne notre rapport aux choses, à la propriété et surtout à la distinction entre besoin et envie. Le contraire de la frugalité, c’est la voracité, le fait de tout dévorer sur son passage, sans se maîtriser. Et la frugalité, c’est aussi une solution à la jalousie, une forme de pauvreté choisie, un retour à l’essentiel.

Cet essai ajoute une pierre sur notre chemin vers une consommation plus adaptée, plus durable, plus responsable. et le confinement est un très bon exercice pratique. De quoi avons nous vraiment besoin au quotidien, qu’est ce qui nous manque vraiment ? Et est-ce qu’il nous manque vraiment quelque chose ?

Un petit extrait, sur la notion de propriété, qui concerne chacun de nous, dépasse la question écologique, et interroge aussi notre rapport à la solidarité :

« Respecter la Terre, c’est aussi respecter les autres. Notre terre. Ces deux mots prononcés ensemble ne manqueront pas de faire naître dans le cœur de mes contemporains ce mélange de sentiments parfois contraires et soulèveront toujours une foule de questions dans le cœur de l’homme assoiffé de justice. En disant candidement notre terre, nous aimerions bien pouvoir affirmer que la terre est à chacun d’entre nous : un beau patrimoine offert en partage à toute l’humanité. Malheu-reusement, il faut se rendre à l’évidence : la terre n’est pas à proprement parler l’apanage de tous les hommes, mais seulement de quelques-uns. «