L’Engagement Chrétien

Jacques Maritain

L’Engagement Chrétien : "Pour le bien commun" et "Lettre sur l’indépendance", de Jacques Maritain.
Rassemblées et éditées par Salvator en septembre 2019

Jacques Maritain est né en 1882, mort en 1973, et a été un des grands philosophes et écrivains chrétiens du XXème siècle. Converti au catholicisme à 24 ans, il s’appuie sur sa foi pour structurer sa pensée, et notamment sa pensée politique. Engagé dans la Résistance, puis nommé ambassadeur de la France au Vatican de 1945 à 1948, il était un proche de Paul VI, et ses écrits sont plus que jamais d’actualité.

Les éditions Salvator ont eu la bonne idée de rééditer en un petit livre deux textes brefs, représentatifs de son engagement citoyen.
Le premier, "Pour le bien commun", répondait aux soubresauts politiques des années 30, marquées par une corruption des élites politiques, et surtout d’une opposition violente entre les idéologies du Nationalisme d’extrême droite et du Communisme soviétique athée. Il est paru sous la forme d’une tribune signée par des intellectuels catholiques contemporains de l’auteur.
Le deuxième texte écrit en 1935, la "Lettre sur l’indépendance" fut écrite par Maritain pour se défendre des remous provoqués par sa contribution à un journal de gauche.
Dans ces deux textes, Maritain maintient, contre l’autoritarisme politico-religieux d’une certaine hiérarchie catholique, le droit du baptisé à intervenir « en chrétien » dans les affaires de la Cité. Cette liberté du baptisé, le philosophe la puise dans la Bible et dans l’œuvre de Thomas d’Aquin, et il distingue nettement le fait d’agir en tant que chrétien, c’est à dire en obéissant aux rites et dogmes de l’Église, et le fait d’agir en chrétien, c’est à dire en calquant son attitude personnelle sur les évangiles, et en s’impliquant comme citoyen. En France, l’organisation gouvernementale est laïque, et l’Eglise n’a pas à s’immiscer dans les affaires de l’Etat.

Le temporel et le spirituel ne doivent être ni opposés ni confondus : il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Relire Maritain aujourd’hui nous permet aussi de réfléchir à un problème récurrent depuis le milieu du XIXe siècle, celui de la liberté de pensée et d’action des laïcs au sein de l’Église catholique. Le philosophe appelle ses contemporains au discernement, et les rappelle a leur devoir temporel, politique et citoyen, de replacer la dignité humaine au cœur du projet de société.