Jules-César

Le premier roman d’Anne-Dauphine Julliand

"Jules César", d’Anne-Dauphine Julliand. Editions les Arènes, 19 euros.

Auteure bien connue du grand public, pour "Deux petits pas sur le sable mouillé" en 2011 et sa suite, "Une journée particulière", en 2013, Anne-Dauphine Julliand s’essaie avec succès au roman.

Jules-César est un petit garçon sénégalais de 6 ans, joyeux et dégourdi, qui souffre d’une insuffisance rénale. Sa seule chance de surviese trouve dans une greffe de rein. Seul son papa, Augustin, est totalement compatible.
C’est le point de départ d’une aventure exceptionnelle entre un père et son fils. Car c’est en France que se déroulera l’opération, ce qui signifie pour tous les 2 quitter le pays, maman, la grand-mère pour arriver en région parisienne, où tout est nouveau et différent. Au cours de ces quelques longs mois, Jules-César et Augustin vont petit se rapprocher, s’apprivoiser et surtout donner forme à ce projet un peu fou. Autour d’eux gravitent Rosie, la tante qui les accueillent généreusement, Monsieur Jeanjean le voisin bougon au grand cœur, Valérie, l’assistante sociale, Nolwenn l’institutrice..

A travers tous ces portraits, Anne-Dauphine Julliand nous invite à creuser les sujets de la vie à travers les yeux d’un enfant, d’un étranger, d’un malade : le déracinement, l’insinuation du doute, la force de l’amitié, la beauté de l’entraide, la puissance du courage. C’est tendre et touchant, sans mièvrerie, et l’auteure nous pose la question : Et nous, et moi, jusqu’où je serai prêt à aller pour sauver mon enfant ?

Un Petit extrait...

"Monsieur Jean-jean, t’as un objet de courage toi ?" "Qu’est-ce que c’est que ça ?", répond l’homme avec un petit rire. "C’est une chose à qui tu donnes ton courage et qui te le rend quand tu en as besoin. C’est ma grand-mère qui m’a expliqué ça. Ca marche super bien." Monsieur Jeanjean lève les yeux au ciel. "Non, je n’ai pas ce type d’objet et je n’en ai pas besoin." "Ben, tout le monde a besoin de courage, même les gens les plus forts. Tiens, dit l’enfant en lui tendant le marron. On dirait que c’est ça ton objet de courage. Allez, au revoir monsieur Jeanjean."
L’homme reste planté sur le trottoir, sans bouger, insensible aux gens qui le bousculent. Il regarde longuement le marron puis le glisse dans sa poche et rentre chez lui, tout doucement.